Former et instruire à tout âge, contribution Jeunes Démocrates dans le cadre des régionales en soutien à Patrick Mignola.

  1. Renforcer l’apprentissage dès le lycée

Concernant l’apprentissage l’idée est de faciliter les échanges entre les entreprises et les CFA. Outre le fait que l’apprentissage ne soit pas assez valorisé et reste majoritairement une voie de garage pour les élèves dont le rythme scolaire en établissement général ne convient pas. La coordination entre lycées et entreprises, l’idée d’immersion et le coaching de professeurs sont à redéfinir. La relation à la région se ferait dans une mesure impliquant une affectation des moyens spécifiques aux CFA pour les développer dans les filières qui recrutent ou même pouvoir décrocher des sponsors par les entreprises.

  1. Promouvoir les filières professionnelles et technologiques

Ces filières n’ont malheureusement toujours pas bonne presse auprès des élèves et sont au même titre que l’apprentissage des voies de garages dans la majeure partie des cas pour ceux dont le cursus général n’est pas adapté. La priorité concernant ces filières serait donc de redorer leur blason, organiser une campagne de valorisation les concernant à destination du public et des collèges. Selon la région, il serait utile et productif de justement pouvoir adapter les formations proposées dans ces filières aux besoins régionaux, distribuer un livret sur les tendances du marché de l’emploi lors des orientations en fin de 3ème et en fin de 2nde. La région AuRa pourrait spécifier ses formations en rapport avec nos besoins régionaux comme le tourisme, l’oeunologie ou les filières du secteur primaire.

  1. Développer la réinsertion et la reconversion professionnelle

Un manque de moyen est à déplorer aux sujets de reprise d’études ou de formations. Favoriser la reprise d’un cusus éducatif s’avère être un impératif pour favoriser la reconversion professionnelle. Il faudrait donc renforcer les moyens alloués à la reprise d’études ou à la réorientation, enrichir l’offre de e-learning et cours du soir selon les débouchés professionnels propres à la région. Pour cela il serait aussi utile d’orienter les fonds européens disponibles vers la formation. La mise en rapport entre le besoin des entreprises avec les formations proposées se doit d’être plus pragmatique et factuelle.

  1. Promouvoir l’enseignement de l’allemand

Suite à la réforme des collèges et au vu de la situation économique actuelle, il est d’une importance capitale de renforcer l’apprentissage de la langue allemande et donc par ce biais de ne pas abandonner les sections bilangues anglais-allemand ainsi que les sections européennes .L’allemand est la première langue en Europe et donne accès à la culture du principal partenaire de la France, ce qui ne peut qu’ouvrir grand les portes de l’emploi. Les sections bilangues mettent en place une synergie qui facilite l’apprentissage simultané de deux langues, permettent une réelle ouverture internationale et leur suppression conduirait à renforcer les inégalités entre ceux qui peuvent avoir accès à ce savoir et ceux qui ne le peuvent pas.

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Lettre d’information de l’eurodéputée Marielle de Sarnez sur l’immigration clandestine aux frontières Sud de l’Europe

Edito de Marielle de Sarnez

En quelques années, la Méditerranée est devenue le passage le plus meurtrier au monde pour les migrants. L’an dernier 3000 y ont trouvé la mort, près de 22 000 depuis 2000, et ce début d’année apparaît comme plus dangereux encore, puisque 2000 y ont déjà péri. Ils sont Syriens, Libyens, Erythréens, Soudanais, Somaliens, Nigériens.., femmes, hommes, enfants, à fuir, au péril de leur vie, leurs pays en proie à la guerre, à la guerre civile, au chaos politique, à la dictature, à la pauvreté la plus extrême. Et rien ne laisse espérer que l’année 2015 soit, pour eux, une année de retour à la stabilité et à la paix. Bien au contraire, Frontex estime que 500 000 à 1 million de migrants ou de demandeurs d’asile tenteront de traverser la Méditerranée cette année.

Face à ces drames, face à leur montée inexorable, l’Union européenne, et les États membres doivent se décider à agir ensemble, à se doter d’une stratégie cohérente sur le long terme. À mettre enfin en œuvre une politique migratoire et d’asile !

Je propose ici que nous agissions autour de quelques principes et idées fortes.

Premier principe : ce qui se passe aujourd’hui, en Italie, en Grèce ou à Malte, c’est l’affaire de tous et non pas seulement de ces seuls pays. L’immense majorité des migrants et des réfugiés arrivent dans ces trois pays, simplement parce que la géographie les a placés aux portes de notre Europe, et que les zones actuelles de conflit s’en approchent.

Deuxième idée : les États membres, et l’UE, doivent assumer une responsabilité partagée quant à la surveillance de leurs frontières extérieures, maritimes, et terrestres. L’Europe doit enfin se doter d’un corps de garde-côtes européens, en charge de la surveillance de ses frontières, avec des moyens de surveillance appropriés et conséquents, avions de reconnaissance, bateaux, hélicoptères.

Troisième idée : l’Europe et la communauté internationale doivent s’engager résolument dans la traque des passeurs, ces trafiquants d’êtres humains, coupables de crimes contre l’humanité, démanteler les réseaux, et traduire les coupables en justice. À cet égard, le mandat sollicité par l’UE auprès de l’ONU afin que la flotte des États membres volontaires puisse croiser au large des côtes libyennes pour arraisonner les bateaux des passeurs et de démanteler leurs réseaux au plus près du terrain va dans le bon sens.

Quatrième idée : les procédures administratives et judiciaires du droit d’asile doivent être harmonisées pour que toute demande d’asile dans l’Union soit traitée dans les mêmes règles, et dans les mêmes délais. Le délai indicatif de 6 mois prévoit trop d’exceptions. Et le principe intangible du premier pays d’accueil pour traiter le dossier des demandeurs d’asile conduit à surcharger les pays frontaliers. La réflexion doit s’ouvrir sur ce point.

Cinquième idée : les pays-clés de transit doivent être mieux associés à la lutte contre les passeurs et les trafiquants et bénéficier d’un soutien de l’UE pour la sécurité de leurs frontières, et l’accueil des migrants dans leurs pays.

Sixième idée : La directive retour date de 2008 et devrait être révisée. Les décisions de reconduite à la frontière sont rarement exécutées et ce flou juridique permettant à des migrants de rester sur le territoire de l’UE, alors qu’ils ne bénéficient ni du statut de réfugié, ni n’ont reçu de permis de séjour ou de travail, est une source d’incompréhension pour nos concitoyens et d’injustice pour les migrants qui respectent la législation.

Septième idée : pour l’immigration économique, il y a nécessité d’avoir des quotas d’immigration légale du travail, pays par pays sur la base d’accords migratoires conclus par les États membres, sous la coordination de la Commission européenne.

Bien sûr, les causes des migrations sont multiples, pauvreté, guerres, conflits ethniques, persécutions, discriminations, bouleversement climatique, dictatures, catastrophes humanitaires. Telles sont les raisons qui poussent, de plus en plus nombreux, des hommes, des femmes, des enfants, à quitter leur terre, leur pays, pour survivre.

Et c’est évidemment sur ces causes qu’il faut agir.

Ceci est un travail de long terme, très long terme. L’éradication de la pauvreté dans le monde, la fin des régimes dictatoriaux, la stabilisation des pays en proie à des conflits, la paix là où il y a la guerre, tous ces objectifs doivent être sur la feuille de route de la communauté internationale, et de l’Europe.

Nous devons intensifier les efforts afin de rétablir la paix et la stabilité des pays d’origine et de transit des migrants. Et soutenir avec force toutes les initiatives qui seront prises sous l’égide des Nations-Unies pour rebâtir un État en Libye, ou en Irak.

Enfin, l’Europe, et la communauté internationale doivent repenser leur politique de développement en particulier pour l’Afrique. L’urgence exige plus que jamais de créer un environnement mondial favorable au développement des pays les plus pauvres.

Marielle de Sarnez

Cinq piliers démocrates – La politique mérite un peu plus de nuance

L’Europe fédérale

Notre mouvement politique agit depuis toujours en faveur de la construction européenne, pour la défense et la promotion des idées des Pères fondateurs de l’Europe. L’Europe porte un modèle de société, où créativité, liberté, Europe économique, solidarité, et Europe sociale, sont intimement mêlées. Nous sommes favorables à la construction de l’Europe fédérale construite autour d’une vraie Constitution, de l’Euro pour monnaie, d’une sécurité commune et d’une stratégie ambitieuse pour l’avenir.

Le développement durable

Le développement ne doit pas se présenter seulement au présent. Il doit se concevoir au futur. Le seul vrai développement doit être durable en termes environnemental, économique, social et culturel. Cela exige un mode de vie plus équilibré, un modèle économique qui donne la priorité au long terme sur le court terme, une croissance qualitative et pas seulement quantitative, une solidarité réelle entre les générations et une gestion responsable des finances publiques.

La démocratie

La Démocratie, c’est pour nous l’organisation politique qui fait confiance à la conscience et à la responsabilité des citoyens. Il n’y a pas de Démocratie sans pluralisme et sans respect des minorités. Ce pluralisme s’exerce en particulier dans l’information, en protégeant la liberté de la presse contre les concentrations abusives, et en garantissant les organes d’information contre les pressions des pouvoirs politiques, économiques et financiers. L’Etat démocratique est un Etat impartial.

L’éducation

L’Education constitue la fondation d’une grande société. Nous voulons une société de connaissance au bénéfice de l’emploi des jeunes générations, de la création et de l’innovation. Cette exigence poussera à une réforme concentrée du système scolaire et universitaire. Il faudra remettre au centre de l’Ecole, l’apprentissage de la vie en société, du respect et de la solidarité.

La social-économie

L’humanisme, comme projet de société, est exigeant et radical. Il consiste à organiser la société autour du développement humain, individuel et collectif. Il nous faut aujourd’hui redéfinir la gouvernance des entreprises en réconciliant l’intérêt du capital avec le respect de l’Homme et de l’environnement. Cela passe par une relocalisation de la production. La France doit porter au niveau européen une politique industrielle en capacité de se défendre contre le dumping social.

Noam Cheraiti – Délégué fédéral

« Aucun gouvernement n’a le droit de porter atteinte au socle culturel de la France » – François Bayrou sur France Inter

Invité de l’émission Tous Politiques sur France Inter ce dimanche 10 mai, François Bayrou est revenu sur les thèmes de l’esclavage, sur les leçons à tirer du 11 janvier, sur le retour de Nicolas Sarkozy, mais surtout sur la réforme du collège, et l’inégalitarisme absolu que son application pourrait entraîner.

Marc Fauvelle – Bonsoir François Bayrou.

Bonsoir.

François Hollande vient donc d’inaugurer en Guadeloupe le plus grand mémorial dédié aux victimes de l’esclavage. Est-ce que vous dites ce soir « il était temps », 167 ans après l’abolition de l’esclavage ou est-ce que c’est pour vous une nouvelle forme de repentance ?

Non, ce n’est pas du tout une forme de repentance. L’esclavage c’est un crime contre l’humanité dont on oublie souvent de dire qu’il a été commis par toute l’humanité pendant des millénaires et que probablement il l’est encore aujourd’hui. Les trafics d’être humains que nous observons, dont nous comptons hélas désespérément les victimes, ne sont pas autre chose qu’une forme contemporaine de l’esclavage. Les jeunes filles qui ont été enlevées par Boko-Haram, c’est de l’esclavage pur et simple. C’est la prise de contrôle de la vie et l’horreur imposée à des adolescentes parce qu’elles sont des filles. Il est normal et juste que nous reconnaissions ce que l’esclavage a été avec le consentement tacite pendant des siècles de toute la société française ou à peu près, de tous les pays du monde ou à peu près, donc c’est juste qu’on le reconnaisse. Pour autant, ce n’est pour moi aucune forme de repentance.

Est-ce qu’il faut aller plus loin et faire ce que réclament aujourd’hui plusieurs associations et l’ancien leader syndicaliste guadeloupéen Élie Domota, c’est-à-dire accorder des réparations aujourd’hui aux descendants, aux fils et aux filles des esclaves ?

 Je ne sais pas ce que des réparations devraient être parce qu’il n’y a pas de coupables vivants ou présents aujourd’hui dans la société. Je comprends le sentiment, le besoin de trouver une réparation. La réparation, nous la trouverons quand nous saurons reconstruire ces sociétés qui sont assez souvent déstructurées à la fois du point de vue de leur économie et du point de vue de leur structure familiale. Je ne pense pas qu’il faille poser cette question en terme de réparation financière.

Pas forcément financière, mais par exemple comme l’ont fait certains pays, on peut imaginer un système de discrimination positive, par exemple un accès à l’université ou à certains emplois qui viendraient compenser…

Je ne sais pas si l’université doit être fondée sur la discrimination. Je sais qu’elle doit être fondée sur l’universalité, sur le fait que tout le monde doit pouvoir y avoir accès, à condition que tout le monde se voie offrir la chance d’avoir la maîtrise nécessaire pour entrer dans cet univers de connaissances qu’est l’université. En tout cas, je ne crois pas du tout que l’on doive poser cette question historique sous cette forme, comme s’il existait des coupables en face des victimes. C’est vrai que cela a été une horreur. C’est vrai qu’il y a aujourd’hui des héritages de cette horreur, mais je ne crois pas que l’on puisse poser la question sous cette forme.

 Après les Antilles, François Hollande doit se rendre demain matin à Cuba. C’est la première visite d’un chef d’État français après l’indépendance il y a plus d’un siècle. Fallait-il y aller si vite à Cuba après le rétablissement des relations diplomatiques avec les Etats-Unis ?

 Il fait bien. Peut-être aurions-nous pu y aller avant les Etats-Unis, c’était au fond la tradition que le Général de Gaulle portait, qui se résumait à peu près de cette manière : « nous Français, nous parlons avec tout le monde ». Ce n’est pas le rôle de la France de choisir un camp. Le rôle de la France est d’être au contraire un interlocuteur qui ouvre les yeux sur les réalités du monde et qui est capable de nouer des relations ou en tout cas d’échanger, de dialoguer avec toutes les parties dans les conflits les plus graves de la planète.

 Ce que vous dites François Bayrou au sujet de Cuba, est-ce que c’est valable aussi pour la Russie ? La France, comme la plupart des grandes puissances occidentales a boycotté le défilé militaire organisé hier par Vladimir Poutine pour les 70 ans de la victoire sur les nazis. Est-ce que la France aurait dû être représentée à ce défilé ? On sait que Laurent Fabius était présent mais en marge du défilé militaire. Est-ce une erreur politique de François Hollande ?

 À mon sens, la France aurait dû être là. Et si j’avais été dans cette responsabilité, c’est le choix que j’aurais fait. Pourquoi ? Parce que l’on peut avoir des tensions, des affrontements, des dissensions, des opinions divergentes, mais cela n’efface pas l’Histoire. Ce que l’Union soviétique a fait pour gagner la guerre est un tel sacrifice : des millions de morts, des souffrances sans mesure, ils ont participé au plus haut point au fait que le nazisme a été rayé de la surface de la terre – en tout cas nous l’espérons pour toujours -. Le peuple russe a pris sa part de souffrance. Je ne veux pas en faire une polémique mais je trouve que la France aurait dû être là parce que c’est son rôle de célébrer ceux qui l’ont aidée, qui ont aidé notre pays, qui ont aidé la liberté dans ce drame historique à nul autre pareil.

 Vous voulez dire que quand on sert la main de Fidel Castro, on doit aussi pouvoir serrer celle de Vladimir Poutine ?

Oui, et puis on ne s’arrête pas à cela. Quand le peuple russe célèbre le 70ème anniversaire des souffrances immenses qui ont été les siennes pour supprimer le nazisme de la surface de la terre, nous qui avons été alliés dans cette période – je n’oublie pas qu’il y a hélas des événements antérieurs – il était à mes yeux légitime que nous soyons présents. Cela ne veut pas dire que nous n’aurions pas pu exprimer d’une autre manière notre désaccord avec ce qui se passe en Ukraine ou ce qui s’est passé en Crimée.

Le conservateur britannique David Cameron vient d’être réélu triomphalement premier ministre. Il a promis un référendum sur l’Europe, un référendum qui risque d’être très dangereux, qui risquerait de faire sortir la Grande-Bretagne de l’Union européenne. Est-ce que pour vous, l’Européen que vous êtes, ce serait finalement une bonne nouvelle ?

Cette élection, vous avez raison de le souligner, est probablement liée en partie à cette annonce qu’il y aurait un référendum pour décider ou non de la sortie de la Grande-Bretagne de l’Union européenne. Je pense qu’il y a trois éléments dans cette victoire : un, les succès économiques de David Cameron même s’ils sont mal répartis, même si la société britannique n’est pas de ce point de vue un exemple fascinant ; deux, le fait que l’Écosse ait été envahie par un raz-de-marée par les nationalistes écossais qui ont porté une atteinte très grave à ce que les travaillistes représentaient et trois, la question très importante de l’annonce d’un référendum. C’est un résultat très important parce qu’il confirme que l’Europe est entrée dans une zone de tempête. On le voit avec ce qu’il se passe en Grèce, et on le voit aussi avec ce référendum qui va occuper la vie politique britannique pendant des mois et qui en effet risque de faire peser une lourde menace sur l’équilibre actuel de l’Union européenne. Après il reste aux Européens de s’interroger à cette question de savoir pourquoi il existe tant de doutes et tant de suspicions autour de l’Europe. Le mode de fonctionnement de l’Union européenne ne peut créer que des interrogations ou des doutes, parfois de vastes rejets parce qu’il est trop opaque. Il n’y a pas un Français sur 10 000 qui soit capable de comprendre les instances de l’Union européenne. Et pourtant il y a des gens de très bonne volonté. Moi j’ai beaucoup de sympathie et de sentiments positifs à l’égard de Jean-Claude Juncker, le président de la commission, c’est quelqu’un de tout à fait remarquable à mes yeux, qui de surcroît est polyglotte et parle le français comme vous et moi, allemand comme Angela Merkel. Il a beaucoup de capacités et d’expérience pour faire cela mais aucun d’entre nous ne peut dire de quoi on parle ! Et quand vous avez une instance politique, de surcroît avec des représentants élus sans que les citoyens soient même informés, associés, même de loin au travail qui est fait de bon cœur par des gens qui sont généreux, qui ont envie ; tout cela crée évidemment un mur de verre qui fait que l’on a tendance à soupçonner ces institutions d’être lointaines, de ne pas s’occuper des gens, et de prendre des décisions qui vont menacer votre avenir, surtout en temps de globalisation. Cette mondialisation, les gens ont tendance à l’associer à l’Europe.

 Justement, David Cameron, ce qu’il demande très précisément, c’est cela : moins d’immigration en provenance des pays de l’est, il souhaite des rétributions, plus de prérogatives pour les États… Grosso modo, faut-il lui céder ou bien selon vous le départ de la Grande-Bretagne serait une bonne nouvelle ?

Je ne dis pas que c’est une bonne nouvelle parce que pour moi le Royaume-Uni fait partie de l’ensemble européen. Je n’oublie pas tous ceux qui pendant des années ont dit « nous sommes déséquilibrés parce que le Royaume-Uni n’est pas avec nous ».

Ce ne serait pas plus simple sans les Britanniques ?

Ce serait peut-être plus simple, mais il faut avoir le courage de regarder l’équilibre des choses. En matière de défense, il y a en Europe deux armées pour simplifier : l’armée française et l’armée britannique. Vous croyez que c’est un gain que de dire « on se sépare et puis chacun va aller de son côté » ? Alors, c’est peut-être plus simple mais ce n’est pas une perspective d’avenir. On parlait il y a une minute de la Russie : pour moi la Russie fait partie de l’avenir européen.

Vous voulez agrandir l’Europe ?

Je ne dis pas cela comme ça. Est-ce que le Royaume-Uni fait partie de l’Europe, de l’ensemble européen ? Pour moi, oui ! Est-ce que c’est facile de travailler avec les Anglais à l’intérieur de l’ensemble européen, qui lui-même ne sait pas très bien travailler entre soi, la réponse est non ! Les Anglais ne sont pas à l’intérieur de l’Euro et je suis de ceux qui ont dit devant les revendications anglaises de participer aux discussions sur l’Euro « excusez-nous, vous n’êtes pas à l’intérieur, donc on ne va pas vous donner la parole ». Mais pour autant, je ne souhaite pas le départ de la Grande-Bretagne.

Je pense qu’il serait bien qu’un certain nombre de prérogatives exercées au sein de l’Union européenne – qui sont des prérogatives règlementaires disons – et qui ne touchent pas à l’essentiel de l’Union, soient renvoyées vers les États. Ce qui est essentiel pour l’Union, c’est les grands choix que les pays doivent faire ensemble : la question très importante de l’équilibre de nos budgets, préserver nos économies des crises du monde qui ne vont pas manquer de revenir quand on voit des bulles multiples se créer à nouveau, pouvoir peser ensemble sur les affaires du monde, sur les affaires du commerce, sur les affaires de l’équilibre géopolitique… Quand on regarde l’Afrique, on se rend bien compte que si l’Europe n’existe pas, il y a un déséquilibre très important qui se crée, dont nous recevons les conséquences puisque nous recevons les immigrés.

On va évoquer maintenant un sujet qui vous tient doublement à cœur, c’est l’éducation nationale et la réforme du collège. Doublement parce que vous êtes agrégé de lettres, doublement parce que vous avez été ministre de l’éducation.

Et que je suis père de famille, ce qui fait triplement…

Et que vous aimez le latin, ce qui fait quatre raisons ! Avant d’en venir au fond de cette réforme, François Bayrou, la droite aujourd’hui réclame le retrait du texte de Najat Vallaud-Belkacem. Est-ce qu’il faut le réécrire ? Le suspendre ? Ou l’enterrer tout simplement ?

Il faut le réécrire, le retirer et il faut que l’on se remette au travail – que la France et l’Education nationale se remette au travail – parce que cette émotion qui est grande, qui touche tous les milieux et toutes les opinions, traduit quelque chose de tout à fait essentiel c’est que le socle de l’Education nationale les Français ne veulent pas qu’il soit perturbé et renversé.

Mais les Français ne veulent jamais que l’on touche à l’Education nationale, François Bayrou. Vous avez du entendre comme nous tous les anciens Ministre de l’Education – à l’exception du dernier Benoit Hamon – dire tout le mal qu’ils pensaient de cette réforme. Tout le monde est d’accord pour dire qu’il faut réformer, que cela ne marche pas, que l’école est la plus inégalitaire d’Europe en France, et dès que l’on touche à un cheveu…

Il ne s’agit pas de dire «Il faut réformer », il s’ait de savoir en quel sens on réforme.

Est-ce que, par exemple, pour vous aujourd’hui, c’est une réforme idéologique ?

Ceci n’est pas une réforme, c’est une démolition. Il faut appeler les choses par leur nom et les dire de manière simple. Un certain nombre de disciplines qui font partie de ce que nous avons reçu des multiples générations précédentes, des siècles précédents de ceux qui ont fait de la France ce qu’elle est, est en train d’être dispersé, traité pour quantité négligeable et supprimé contrairement à ce que la Ministre de l’Education dit.

Supprimé au nom d’une idéologie, François Bayrou ? Et ensuite nous allons parler du latin, de l’histoire-géo si vous le voulez bien.

Je vous propose que l’on s’arrête un instant à cela parce que la Ministre dit – et cela trouble un certain nombre de ceux qui l’écoutent – qu’au lieu d’avoir un cours…

Vous parlez du latin ?

Oui. Je parle du latin, du grec, la suppression des classes bilingues allemand. Enfin tout cela n’est pas seulement allemand d’ailleurs, tout cela  est pour moi de l’ordre de la démolition en tout cas de la dévaluation d’un certain nombre de choses que nous considérons comme précieuses. Regardons les choses : Madame Vallaud-Belkacem dit « Mais ce sera beaucoup mieux, on étudiera cela dans des modules interdisciplinaires dont on pourra faire une heure par semaine par-ci par-là », elle en désigne huit de ces modules. Les langues anciennes font partie de l’un de ces modules – langues et civilisations – et puis il y a le corps et la santé, le développement durable, l’économie, j’en passe et des meilleurs. Huit qui doivent être traités en y réservant deux heures par semaine. Vous voyez bien que ceci ne tient pas la route un quart de seconde. Qu’est-ce que vous voulez étudier en ayant quelques heures dans l’année.

C’est trois heures aujourd’hui le latin en 4e et 3e, il y aurait deux heures au lieu de trois.

Je vous rappelle que c’est moi qui ai institué ou ré institué le latin en 5e et le grec en 3e avec des horaires qui évidemment auraient été des horaires solides pour l’apprentissage.

Mais est-ce que le fait de supprimer une heure sur trois en latin mérite que l’on parle comme vous d’attentat contre le latin ?

Mais ce n’est absolument pas cela. Vous êtes d’une certaine manière victime, vous aussi, de ce qu’il se passe et ce n’est absolument pas cela.

Le concert des immobilismes comme disait François Hollande.

C’est la suppression de la discipline.

Mais qu’est-ce qui vous gêne, François Bayrou ? Ce n’est plus un enseignement académique, c’est cela ?

Imaginez que je dise à votre micro que l’on prépare une réforme dans laquelle les mathématiques ne seront plus enseignées en tant que telles mais dans des modules interdisciplinaires qui pourront être faits pour une heure par semaine. Si je dis cela, évidemment tous les scientifiques et tous ceux qui sont attachés à la construction de l’esprit vont dire « Mais Monsieur, vous détruisez quelque chose que nous considérons comme essentiel » ou que je dise « L’anglais ne sera plus enseigné comme une discipline mais il sera dans des modules interdisciplinaires de langues dans lesquels on essaiera de donner une nature à chacun ». Vous voyez que dès l’instant que vous déclassez une discipline de cet ordre, que vous la supprimez en tant que discipline, dès cet instant-là évidemment vous sapez le sol sur lequel il repose.

Je vais faire le porte-parole de Najat Vallaud-Belkacem, qui n’en a pas besoin, François Bayrou, mais vous savez aussi que certains parents, certains enfants utilisent aujourd’hui le latin ou le grec pour étudier dans les meilleures classes voire même contourner la carte scolaire aujourd’hui. Ce n’est pas la discipline la plus égalitariste, le latin – cela va faire bondir certains profs.

Et bien je suis en désaccord absolument avec vous parce que je pense que le vrai égalitarisme est celui qui consiste à offrir à tous l’excellence qui n’est autrement réservé qu’à quelques uns.

Ce n’est pas le cas aujourd’hui, il y a 80% des enfants qui ne font ni latin ni grec.

Et bien essayons de multiplier leur adhésion à ces disciplines, là on fera du travail utile. Excusez-moi de vous dire, dès l’instant que tout cela disparaît alors cela a une signification extrêmement précise qui est une signification sociale, cela veut dire ne bénéficieront de ces enseignements, de ces disciplines que ceux qui les recevront à la maison ou qui auront à la maison les moyens de recevoir des cours particuliers ou de participer à un enseignement privé qui reprendra cette discipline-là.

Monsieur Fauvell, ce n’est pas de l’égalitarisme, c’est l’inégalitarisme le plus absolu, c’est la reproduction des milieux sociaux qui ont les moyens et qui pourront offrir à leurs enfants ce que les autres n’auront pas. Je trouve cela impossible à supporter, insupportable, pour quelqu’un qui est construit, pour vouloir que les enfants de tous les milieux aient accès à toutes les chances. Je vais plus loin, il y a encore plus grave pour moi que cette décision : il y a le fait qu’on la présente comme un plus, un atout, un avantage, nous vivons dans l’univers de la mystification. Les mots qui sont utilisés par les gouvernants, pas seulement ceux-ci – parce que je n’oublie pas que Nicolas Sarkozy avait aussi l’idée, cela a été l’un des affrontements que j’avais avec lui en 2007, que ces disciplines ne servaient à rien et que, disait-il il faudrait bien qu’un jour les parents qui veulent les transmettre les paient, c’était l’expression qui avait été utilisée à cette époque. Chaque fois, depuis les dernières décennies, qu’on fait un mauvais coup alors on choisit soigneusement des mots qui disent le contraire de la réalité pour dissimuler les intentions sous un vernis de communication. Cette société n’est pas une société de communication ni de démocratie, c’est une société de mystification.

Mais de mystification pour avoir quoi derrière ? Parce que la virulence de votre charge est telle, on a tellement le sentiment qu’entreprise de démolition, ce que d’ailleurs François Hollande appelle le concert des immobilistes, donc vous vous rangez dans ce concert-là ?

Chaque fois qu’il s’agira  de défendre quelque chose que je considère essentiel pour notre pays, notre société et les enfants, chaque fois, je me moque éperdument qu’on m’étiquette, que l’on dise que je suis immobiliste, que je suis conservateur, que je suis réactionnaire, tout ce que l’on voudra, je défends l’essentiel, et je ne varierai pas d’un millimètre devant ce genre d’imputations ou ce genre de pressions.

Mais qu’y a-t-il derrière ces mystifications ? Quel est l’objectif d’une telle entreprise de démolition ?

Alors je vais vous répondre mais avant je vais aller encore un peu plus loin. M’adressant à François Hollande, qui est Président de la République, et à sa Ministre de l’Education, je dis « Vous n’avez pas le droit de faire cela », parce que cette culture-là, ce socle culturel ne vous appartient pas ».

Que pointez-vous du doigt, François Bayrou ? Leur dogmatisme, leur idéologie ? C’est quoi ?

Je dis « Ce n’est pas vous qui avez le droit – aucun gouvernant n’a le droit – de porter atteinte au socle culturel qui a fait de la France ce qu’elle est. Aucun gouvernant fut-il Ministre, Président de la République, n’a le droit de détruire les piliers de la maison que nous avons construite ensemble et le seul instrument d’émancipation que nous avons à transmettre aux enfants lorsqu’ils n’ont pas la chance d’être nés dans les milieux favorisés. L’élément d’émancipation c’est ce qui permet d’avoir les instruments – la langue, les mots, le vocabulaire, la syntaxe, la culture – qui permettent de penser, pour savoir qui on est, à quel moment de l’Histoire on est, où on veut aller, qui permet de se défendre lorsque l’on a en face de soi des gouvernants qui ne veulent pas vous entendre. Dans un monde comme le nôtre, ceci est précieux. Alors vous me demandiez, je reviens à la question, est-ce qu’il y a une idéologie derrière cela. Oui, probablement, et depuis longtemps.

Laquelle ?

Probablement depuis plus d’un siècle – Peguy autrefois en a parlé assez bien. Il y a une idéologie derrière tout cela qui consiste à vouloir tourner la page sur le passé dont nous avons hérité.

Du passé faisons table rase ?

Oui, bon c’est naïf, par moment ce n’est pas très bien inspiré. Mais oui, il y a en effet l’idée que plus on se débarrasse du poids de ce passé, plus nous pourrons défendre l’idée que nous sommes – notre génération et les générations qui viennent – fils de nos œuvres, que c’est nous qui avons modelé le monde. Or, je crois que c’est un choix très important.

C’est la révolution culturelle chinoise que vous nous décrivez-là, c’est cela ?

N’allons pas si loin. Essayons de nous garder des imputations de cet ordre. Je n’accuse pas Hollande d’être Mao Tsé-Tung.

Ni Najat Vallaud-Belkacem d’être Attila comme le disait ce weekend dans Le Figaro Jean d’Ormesson ?

Oui, mais vous voyez bien que des esprits dont vous énoncez les noms soient à ce point émus, c’est bien qu’il y a quelque chose dans cette affaire qui est profond.

Y compris à gauche d’ailleurs.

A gauche, à droite, au centre, qui est profond, une émotion, une indignation  qui ne touche pas du tout au sujet habituel de camps et d’étiquette, une émotion et une indignation qui touche ce que nous avons de plus précieux, qui a été élaboré et établi au travers des siècles. C’est l’humanisme de la Renaissance qui a fait cela, c’est parce que l’on a retrouvé ces langues mères, que l’on a offertes à tous, que la Renaissance française a été ce qu’elle est.

Le latin vous sert tous les jours, François Bayrou ? Il vous sert encore aujourd’hui ?

Tous les jours.

A quoi ?

A savoir ce que les mots veulent dire, à m’exprimer avec vous.

C’est plus de l’étymologie du coup.

Oui, cela compte beaucoup, l’étymologie, bien entendu, à m’exprimer devant vous, avec vous, en sachant à peu près que je vais donner au mot le sens profond qu’ils doivent avoir.

Alors si je vous dis tempus fugit, François Bayrou ? Le temps passe et on est très en retard.

Tempus fugit irreparabile.

Ah, je n’avais que le début. J’ai arrêté le latin trop tôt !

Il s’en va le temps irrémédiable.

L’heure tourne, François Bayrou. Pardon, c’était une transition un peu lourdingue mais je voulais vous interroger sur l’échange d’amabilités de ces derniers jours entre Emmanuel Todd et Manuel Valls. Emmanuel Todd, dans son ouvrage considérant que les cortèges du 11 janvier dernier ont été en quelque sorte une imposture en France et que certains des 4 millions de Français qui ont défilé ce jour-là manifestaient contre l’Islam ou par peur de l’Islam. Avant de parler de ce débat-là, est-ce que c’était logique que Manuel Valls prennent la plume pour répondre à un intellectuel, Emmanuel Todd, réputé de gauche, dans les colonnes du Monde pour lui dire que son livre était, selon Manuel Valls, une imposture ?

Qu’il y ait des insultes à l’intérieur d’un camp entre politiques et sociologues, ce n’est pas neuf dans l’Histoire et ce n’est pas le plus important. Je pense, moi, qu’Emmanuel Todd, que je respecte beaucoup, se trompe parce que c’est exactement ce qu’il s’est passé le 11 janvier, du même ordre, différent mais du même ordre, que l’émotion que nous décrivions à l’instant autour de la réforme bâclée et dangereuse de l’Education. La même chose.

C’est-à-dire ? Quel lien avec le latin et les attentats ?

Ce que j’ai observé le 11 janvier, ce que j’ai observé à Pau – 40 000 personnes dans les rues de Pau.

Et beaucoup de Français issus de l’immigration ?

Oui, ils ont même organisé à Pau – ceux des quartiers – une manifestation spéciale. La veille, le vendredi après-midi, pour qu’on les voit, pour que l’on sache partout que cette indignation, rage, ce désespoir était aussi le leur. Alors, ce n’était pas la majorité naturellement. Mais vous voyez, contrairement à ce que laisse entendre Emmanuel Todd – qui avait dans cette manifestation quelque chose de ranci, la vieille France catholique dit-il, antimusulmane – je n’ai à aucun moment observé cela. Parce qu’il n’y a pas eu un mot antimusulman dans aucun des cortèges auxquels j’ai participé ou à la manifestation à laquelle j’ai assisté.

Quel rapport avec l’Education ?

J’y viens. Ce qu’a dit cette mobilisation spontanée – des gens qui m’ont engueulé parce que la manifestation n’était pas à la bonne heure et qui voulaient y venir avec leurs enfants – il y a eu une mobilisation en profondeur du pays qui dit « Ne touchez pas à ce que nous sommes ». « Vous avez voulu nous attaquer avec des mitraillettes, vous avez voulu démolir ce que nous avions de plus précieux, nous vous interdisons ou en tout cas nous nous mobilisons pour dire : Touche pas à ma France ».

Mais on a découvert, François Bayrou, dans les semaines qui ont suivies que c’était un peu plus compliqué que cela, entre « Je suis Charlie » et « Je ne suis pas Charlie ».

Je vais vous répondre sur ce point aussi. Mais vous voyez le lien que je fais, parce que la mobilisation que nous avons aujourd’hui – qui naturellement n’est pas de même ampleur, il n’y a pas des millions de manifestants pour défendre la culture traditionnelle. Mais il pourrait y en avoir, d’une autre manière.

C’est tout de même grave que vous soupçonniez le gouvernement de vouloir attaquer ce que nous sommes, vous allez loin François Bayrou.

J’ai dit que, quand on prend des décisions irréfléchies car ces décisions le sont, elles sont sensibles à des forces de pression qui existent depuis très longtemps et qui essaient de modeler l’Education à leur guise. Et bien cela touche quelque chose de profond, et que de partout, de gauche, du centre, de droite, des milieux intellectuels, des milieux politiques, des milieux professionnels, dans tous les secteurs, des parents de ceux qui aiment l’école ou encore mieux qui aiment ce que l’école devrait être. Tous ceux-là se mobilisent en disant « non ». Alors évidemment, on leur dit « Mais Monsieur, vous n’avez pas lu les textes », moi je les ai lus, je vous assure c’est peut-être pire.

Mais il y a une concertation qui doit venir.

Oui, c’est des blagues tout ça.

Vous parlez en reconnaissance de cause ? En tant qu’ancien ministre ?

Excusez-moi, le texte a été adopté par le conseil supérieur de l’éducation alors ne me racontez pas que la concertation commence maintenant.

Le texte est soumis aux enseignants, j’espère qu’ils diront non, et moi en tout cas je suis de ceux qui pensent que ce texte doit être retiré et réécrit, parce que l’émotion est telle, et c’est cette émotion qui a raison : on est en train de raconter des blagues, on est en train d’organiser une mystification en disant que c’est pas grave, et que ça va être beaucoup mieux alors que c’est la disparition de pilier de l’éducation.

Je rappelle que la question portait sur Emmanuel Todd. Ce qui vient aujourd’hui de France et de France pro-Charlie et anti-Charlie, est-ce que vous même aujourd’hui pourriez encore aujourd’hui, dire je suis Charlie ?

D’abord je ne suis pas sûr d’avoir été spontanément « dans » cette expression. D’abord qu’est ce que la liberté d’expression ? En quoi me reconnaitrai-je moins ? Je me reconnais moins dans l’idée que le blasphème c’est bien, et c’est toujours pour un croyant, je suis un croyant, laïque mais je suis un croyant, c’est toujours quelque chose qui est comme une limite. Et pourtant je suis allé devant le tribunal correctionnel de Paris, en même temps, au même moment que François Hollande, pour témoigner que si l’on réfléchit alors on s’aperçoit que l’on ne doit pas fixer de limites à la liberté d’expression, dans le procès de Charlie Hebdo, et là j’étais Charlie, en effet. On ne doit pas forcer de limites en effet. Mais comment voulez vous qu’un croyant prenne le cœur léger le blasphème ? Quand il y a insulte à ce qu’il a au fond de lui-même, de plus précieux, et quand ce sont des croyants de milieux sociaux, qui ne peuvent pas tout exprimer parce qu’on ne leur a pas donné l’arme de la langue, comment voulez vous qu’il n’y ait pas d’émotions ? Donc je défends la liberté d’expression sans les bornes issues de la loi et je dis que je comprends en même temps au fond de moi-même, je ne suis pas le cœur léger quand je lis des choses qui blessent des croyants qu’ils soient de ma religion ou d’une autre.

Un mot sur votre ville de Pau, est-ce qu’il vous arrivé depuis que vous êtes aux manettes de la ville, d’avoir l’envie de savoir où habite telle ou telle minorité par rapport aux palois, quelle que soit son origine, vous avez compris ma question, elle se réfère à évidemment à ce qu’a fait Robert Ménard chez lui à Béziers, est-ce que c’est une tentation que vous avez eu un jour de savoir où se trouvait une minorité pour savoir par exemple où mettre des moyens supplémentaires ?

Non.

Jamais ?

D’abord parce que je sais ou les minorités, à supposer que j’accepte une catégorie comme cela

Comment vous savez ?

Parce que je parcours les rue, que je sais très bien qui habite où, que je parle avec les gens, que j’y ai des amis, que j’y ai des élus, parce qu’il y a des élus représentants des origines différentes ou des sensibilités différentes dans ma liste, vous savez que je l’ai voulue très ouverte, je considère que l’action publique doit rassembler donc je n’ai pas eu du tout cette idée-là, en tout cas je n’aurais pas pu imaginer qu’on compte les religions en retenant leurs religions.

Leurs prénoms.

Oui non.

Il a dit 65 % d’enfants musulmans, et quand il est interrogé, il reconnaît que c’est sur leurs prénoms qu’il s’est basé.

 Vous voyez bien ce que ça veut dire. Vous désignez les enfants à partir de leur religion ce qui pour moi est quelque chose qui n’est pas acceptable. D’autant que pour reprendre les catégories de Robert Ménard lui-même, un petit-fils de harki vous le classez dans la catégorie, vous le classez dans la catégorie de ceux qui ne sont pas comme les autres, ou ceux qui sont à part. Et il y a beaucoup de gens qui considèrent que les harkis ont fait pour nous des sacrifices pour nous, pour la patrie, telle qu’on la leur présentait à l’époque, ils ont fait des sacrifices immenses. Et vous voyez à quel point ce type de classification par religion est évidemment quelque chose de sommaire et de dangereux.

Donc pas de statistiques ethniques ce qu’on fait au niveau d’une ville, on peut sentir un pays aussi …

Ceci est tout à fait autre chose si vous me le permettez. Si il y avait, au niveau de la France, besoin de statistiques qui prennent en compte, pour connaître par exemple, l’évolution sociale des enfants.

C’est le cas, l’INSEE a le droit régulièrement à ses statistiques ethniques.

 Alors je ne sais pas si c’est ethnique exactement disons que ce sont des statistiques fondées sur l’évolution sociale à partir de l’origine des français ou de ceux qui vivent sur notre sol.  Je ne trouve pas ça extrêmement choquant, ça s’est fait dans beaucoup de pays. Ce qui est choquant, c’est dans une ville, de compter les enfants de l’école par catégorie de religions.

Donc oui aux statistiques ethniques à condition qu’elles soient faites à une grande échelle ?

Qu’elles soient faites par l’INSEE ou l’INED ou je ne sais quoi sans qu’il y ait le moindre risque d’utilisation pour au fond atteindre le but que se fixent ceux qui font ca.

Et quel est leur but ?

C’est très simple : de verser de l’huile sur le feu, faire flamber le ressentiment ou l’impression que certains veulent à tout prix exaspérer, que on est menacés, que demain la France n’existera plus, parce que, comme le disent ces élus, les musulmans seront tellement nombreux que nous ne pourrons plus être chez nous.

C’est de faire monter le FN en quelque sorte.

Non c’est faire monter l’esprit de rejet et de division à l’intérieur du pays.

Tous ceux qui font monter l’esprit de rejet et de division à l’intérieur du pays sont pour moi des adversaires.

Cette semaine la justice a validé les écoutes de Nicolas Sarkozy, du coup l’instruction se poursuit, est-ce que vous y voyez de la simple justice normale ou de « l’acharnement judiciaire » comme le dit Nicolas Sarkozy ?

Je n’ai absolument aucune autre information sur ces affaires que celles que j’ai lues dans le journal. Et donc pour moi je suis sans jugement sur cette affaire.

Pardon François Bayrou il est normal qu’un ancien président soit sur écoute quand il parle avec son avocat ?

Ce n’est pas comme ça qu’il faut présenter les choses.

C’est comme ça que ça s’est produit.

Il est normal, que un justiciable soit soumis aux mêmes règles que les autres justiciables.

Y compris quand il parle à son avocat ?

Vous savez bien ce que la justice dit.

Il y a un débat en ce moment sur le projet de avec la loi sur le renseignement pour savoir qui peut être mis sur écoute, et qui ne doit pas l’être.

On a des magistrats, chaque fois qu’il y a entorse à une liberté, ça ne doit se faire que sous le contrôle d’un magistrat. Quand le magistrat estime qu’il y a un délit, un crime selon la qualification que l’on donne, s’il veut faire une entorse à cette liberté qu’il protège c’est en tant que juge qu’il le décide, et nous, moi, je n’ai rien à dire sur le sujet.

Il y a des affaires sur lesquelles je me suis beaucoup exprimé, j’ai même écrit des livres sur le sujet, sur lesquelles j’ai des opinions très personnelles, mais je n’ai pas d’opinion personnelle sur ce sujet.

 Si je vous demande si Nicolas Sarkozy pourrait être empêché par la justice de se présenter aux primaires ou à l’élection présidentielle de 2017 ?

 Je n’en sais rien.

 Alors question sur Alain juppé, on va tenter notre chance.

 Et vous est ce que vous en savez plus ?

 Je n’ai aucune information sur Nicolas Sarkozy.

 Et bien vous voyez que nous sommes logés à la même enseigne.

François Bayrou on sait que vous avez une amitié avec Alain Juppé maire de Bordeaux et ancien premier ministre, vous avez d’ailleurs été l’un de ses ministres en 1994.

 C’est juste.

 Et vous avez dit soit Juppé sera désigné et un accord sera possible, soit ce n’est pas lui et je me sentirai libre.

 C’est tout à fait exact.

 Est-ce que ça veut dire que vous liez votre avenir à celui d’Alain Juppé ?

Pas du tout. Je pense qu’il faut un renouvellement de la pratique politique en France. Je pense que ce serait désastreux qu’on se retrouve devant une table de vote sur laquelle les millions de français, qui ont à peu près le même sentiment que le mien : de dire que l’extrémisme n’est pas une solution, de dire que Hollande et le PS ça a entraîné une grande déception, et que le retour de Nicolas Sarkozy avec exactement les mêmes attitudes c’est pas exactement ce que nous souhaitons pour le pays, ces millions de français-là,  n’auraient pas de bulletin.

 Et donc il faut un bulletin Alain Juppé qui était premier ministre il y a vingt ans ?

Oui mais vous savez le temps ne fait rien à l’affaire. Permettez-moi de vous dire que lorsque la Grande-Bretagne, le Royaume Uni a été menacé de disparition, c’est Churchill qu’on est allé chercher, et ma foi, ça a été probablement la plus juste décision qu’on ait prise au nom du peuple britannique.

 Il y a du Churchill chez Juppé ?

Non je ne dis pas ça. N’essayez pas de caricaturer, soyons simple. Qu’est-ce que Alain Juppé apporte ? Le fait que des gens différents peuvent se rassembler pour conduire une action au sein du pays. Il apporte le fait que ce ne soit pas seulement les intérêts partisans, l’étiquette des uns contre l’étiquette des autres qui soit la ligne de conduite. Qu’on peut essayer de manière désintéressée de construire en dépassant les frontières habituelles, quelque chose qui permettra l’esprit de réforme dans le pays.

Donc ce sera lui ou vous François Bayrou, en 2017 ?

J’ai essayé de réfléchir à la formule que vous avez cité : si ce n’est pas cette solution je serais libre.

Donc ce sera lui ou vous ?

Ça aurait pu être d’autres. J’ai avec François Fillon des relations qui sont excellentes, et j’ai du respect encore aujourd’hui pour la manière au Maroc dont il présente les choses en disant écoutez ne jetons pas perpétuellement de l’huile sur le feu sur ces questions-là. J’aurais pu très bien avoir ce même type d’attitude-là. Mais, en effet, si l’on en revient aux affrontements claniques dont je considère qu’ils sont un malheur pour le pays, je serais libre. Je l’ai dit dès la première minute.

 Libre de vous présenter ?

Et je l’ai dit dès la première minute, de manière qu’il n’y ait aucune ambiguïté.

Mais si vous doutez à ce point que Alain Juppé puisse sortir vainqueur des primaires à l’UMP …

Je ne doute pas du tout. Je pense qu’il peut sortir vainqueur mais je suis plein de doutes sur les primaires.

Est-ce que vous lui conseilleriez de ne pas y aller aux primaires ?

Je lui ai conseillé mais ce n’est plus de saison. J’ai défendu cette thèse auprès de lui mais il a demandé les primaires. Je suis rempli de doutes pour les primaires pourquoi ? Parce que les primaires elles donnent une prime à mon sens démesurées au plus dur, au plus vindicatif.

François Bayrou est-ce que vous pourriez, c’est une question que l’on pose sur twitter, vous présenter aux primaires des républicains, nouveau nom de l’UMP comme parti de la droite et du centre ?

Non. On est à dix-huit mois, j’essaye de répondre clairement, pour la raison que j’ai des doutes sur les mécanismes des primaires. Allons plus loin, le mécanisme des primaires il suppose que l’on accepte quelque chose que je n’ai jamais accepté qui est camp contre camp. Vous devez vous ranger dans un camp, vous êtes d’un clan, et moi j’ai toujours pensé que l’idée que l’on découpe le pays en deux clans, était une idée absurde et nuisible et donc je suis en retrait, en observation à l’égard du mécanisme des primaires. Encore une fois tout cela est dans dix-huit mois il peut se passer des tas de choses qu’on ne connaît pas en France, mais a priori je trouve que ce mécanisme ne correspond pas à nos institutions. Nos institutions c’est : étant donné l’importance de la fonction présidentielle, on a deux tours et au premier tour on peut défendre, des options, des sensibilités différentes, et les français classent, et ça c’est la cinquième République. Je trouve qu’elle est juste, que ce soit ceux qui jadis furent les meilleurs défenseurs de la cinquième République mette à mal cet équilibre, pour moi ça suscite en moi des points d’interrogation.

François Bayrou la section du MoDem d’Indre-et-Loire a été mise sous tutelle, le 7 mai dernier, pour s’être alliée au PS dans les dernières élections, est-ce que c’est ça aujourd’hui la ligne Bayrou : si on s’acoquine avec le PS on est sanctionnés ?

Vous voyez bien que aujourd’hui le PS, étant donné son bilan et ses choix affichés pour l’avenir, n’est pas pour nous un allié possible.

Ça en a été un, mais plus maintenant ?

Ça n’a jamais été un allié non.

Localement, vous avez dirigé des villes avec le PS.

Oui avec le PS, avec l’UMP.

Ce n’est plus le cas aujourd’hui ?

Pour qu’il n’y ait aucune ambiguïté, est-ce que aujourd’hui, en mai 2015 on me demande est-ce que c’est avec le PS qu’on peut construire l’avenir du pays ? Ma réponse est non. Parce que le PS, selon moi, n’a pas rempli les engagements qui étaient les siens et n’a pas rempli le devoir qui était le sien : proposer une autre voie aux pays qui soit franche, qui dise la vérité, qui accepte l’idée que les réformes courageuses doivent être faites, pour moi en tout cas ce n’est pas du côté du PS que se situe l’avenir de la France.

Source : www.mouvementdemocrate.fr

Printemps des Démocrates 2015 à Dijon

La troisième édition du Printemps des Démocrates a eu lieu à Dijon ce jeudi 7 mai jusqu’au dimanche 10 mai. Ceci a donné lieu au rassemblement de toutes les fédérations de notre mouvement dans le cadre de plusieurs réflexions en vue des régionales, penser et proposer l’Europe ainsi que le déroulement du Conseil National des Jeunes Démocrates et les interventions de personnalités politiques régionales et européennes comme Christophe Grudler (chef de file MoDem aux régionales Bourgogne et Franche-Comté), Nathalie Griesbeck (députée européenne du Grand Est) ou encore Sophie Auconie (ancienne députée européenne Centre-Massif Central et vice-présidente de l’UDI).

Le thème de cette rencontre était « L’Europe au cœur des territoires » à l’occasion de la fête de l’Europe du 9 mai. D’une part, un de nos ateliers durant le Démocrate Camp nous a permis d’évoquer des idées sur ce thème, notamment au niveau de l’Europe et ses régions, le type de fédéralisme européen pour lequel nous militons ainsi que la question de ses frontières donc du rapport à sa périphérie et de sa défense. L’intervention de Nathalie Griesbeck aux côtés de Sophie Auconie dans le cadre de la conférence sur l’Europe au cœur des territoires a été l’occasion de mettre en relief les drames qui ont lieu en méditerranée où se perdent et meurent nombre de migrants depuis plusieurs années. Le doigt a été posé sur l’importance d’une cohésion et d’une solidarité intra-européenne pour faire face aux demandes d’asile, sur la révélation d’une conscience européenne qui s’est faite autour de ce thème d’actualité qu’est l’immigration clandestine au Sud malgré les tentatives de propagandes eurosceptiques et rétrogrades. L’Europe n’est pas une option, c’est un fait qui s’impose et c’est ce que nous sommes. La citoyenneté française se complète sans superficialité et de façon tout à fait logique et naturelle à la citoyenneté européenne.

Nous avons également été en mesure d’être au contact des Dijonnais pendant la célébration de la fête de l’Europe et de leur présenter nos idées au cours d’une découverte du centre historique de la ville. Notre réunion juste avant d’entrer en campagne pour les régionales nous a permis de tenir un Conseil National dont un vote à la quasi unanimité concernant le calendrier de renouvellement de notre Bureau National qui aura donc lieu en février prochain.

Nous voilà à présent prêts à nous engager pleinement dans le cadre des préparations aux élections régionales de notre fin d’année. Nous remercions également tous les organisateurs et participants venus de toute la France à Dijon pour faire vivre notre mouvement et faire avancer nos idées dans l’intérêt commun de tous les Jeunes Démocrates, qu’ils soient présidents, délégués ou militants !

Noam Cheraiti – Délégué fédéral

Lettre d’information de l’eurodéputée Marielle de Sarnez sur la Tunisie

Tunisie : des paroles aux actes

De ce mois de mars qui s’achève, je veux retenir l’attentat meurtrier, aveugle, au musée du Bardo de Tunis. Un acte effroyable qui a tué des femmes et des hommes sans distinction d’origine, de religion, venus tout simplement admirer des œuvres d’art, de tous les siècles, de toutes les cultures et civilisations, qui ont façonné la Tunisie d’aujourd’hui. Un acte de barbarie contre les valeurs tunisiennes, l’ouverture, la tolérance, l’amour de la culture, et bien sûr, contre la démocratie.

Et c’est bien de cela qu’il s’agit. Ce que les terroristes ont cherché à faire vaciller, c’est un pays en train de réussir sa transition démocratique, c’est une société civile entreprenante et moderne, c’est une justice consolidée, ce sont des medias émancipés, c’est une Constitution protectrice de droits et de libertés, ce sont des élections libres, et c’est un gouvernement de large union. C’est tout cela que les terroristes ont voulu, en vain, faire vaciller.

Dimanche dernier, dans les rues de Tunis, les Tunisiens, toutes générations confondues, se sont rassemblés pour dire non au terrorisme, à l’intolérance, et à l’ignorance. Aujourd’hui, malgré ses fragilités, et malgré les menaces, la démocratie tunisienne est bien vivace, et le chemin parcouru ces derniers mois par les Tunisiens est exemplaire.

Les Tunisiens ont commencé de faire, et continueront de faire, leur part du travail. Mais nous, France, Europe, nous n’avons pas été à la hauteur des enjeux. Nous n’avons pas été présents, engagés, comme nous aurions du l’être. Il est plus que temps que l’Europe regarde vers son sud. Les défis sont immenses.

D’abord, le développement économique pour lutter contre la pauvreté et le chômage qui sont les terreaux de la propagande et de l’embrigadement pour les terroristes radicaux. Nous devons consolider notre partenariat avec la Tunisie, soutenir son économie, et les investissements de long terme dont elle a besoin. Nous devons tenir les engagements qui avaient été pris par le G8 à Deauville en mai 2011, et qui ne sont toujours pas respectés. Enfin, nous devons aider la Tunisie à faire face à l’impact de l’attentat du Bardo sur le tourisme, et valoriser, auprès des Européens, tous les atouts touristiques de la Tunisie qui sont si nombreux. Autant de gestes concrets de solidarité qui sont attendus par le peuple tunisien.

Autre défi majeur, la sécurité. La Tunisie partage 450 kilomètres de frontières avec la Lybie qui est aujourd’hui en proie au plus grand désordre et vit sous la menace de Daesh. On estime à 3000 le nombre de Tunisiens partis faire le jihad. L’urgence est au renforcement de la coopération en matière de renseignement et de sécurisation des frontières. Dans ce cadre, la visite conjointe du président du Conseil européen, Donald Tusk, de la vice-présidente de la Commission, Federica Mogherini et de Gilles de Kerchove, coordinateur de l’Union européenne pour la lutte contre le terrorisme, est un signal important de l’attention et de la solidarité que l’Europe doit manifester à la Tunisie.

Les dirigeants européens ne cessent d’assurer la Tunisie de leur soutien et de leur solidarité. Maintenant, il convient qu’ils passent enfin des paroles aux actes. En Tunisie, le temps presse.

Marielle de Sarnez

Présidents des conseils départementaux Drôme et Ardèche

Patrick Labaune (UMP) a été élu Président du Conseil départemental de la Drôme.

Hervé Saulignac (PS) a quant à lui été reconduit à la tête du Conseil départemental de l’Ardèche.

 

Nous adressons nos félicitations aux nouveaux élus des deux départements.

Noam Cheraiti – Délégué fédéral